Plus-value du loueur meublé professionnel (LMP) en 2026 : 151 septies et 151 septies B

Publié le 3 juin 2026 · 7 min de lecture

La revente d'un bien détenu en LMP ne suit pas les règles de la plus-value des particuliers. C'est une plus-value professionnelle, avec sa propre mécanique : une part à court terme, une part à long terme, et deux régimes d'exonération qui peuvent tout changer. Voici comment ça se calcule.

L'essentiel

1. Pourquoi ce n'est pas une plus-value de particulier

Un LMNP qui revend relève, pour sa plus-value, du régime des particuliers (CGI art. 150 U) : abattements progressifs sur 22 ans pour l'impôt et 30 ans pour les prélèvements sociaux, sans réintégration des amortissements.

Le LMP, lui, exerce une activité professionnelle au sens fiscal (CGI art. 155 IV). Sa plus-value relève du régime des plus-values professionnelles (CGI art. 39 duodecies et suivants). La conséquence la plus marquante : les amortissements qu'il a déduits chaque année viennent gonfler la plus-value imposable à la revente.

2. Court terme contre long terme

La plus-value brute, c'est le prix de vente moins le prix de revient (acquisition, frais de notaire, travaux initiaux). Cette plus-value se décompose ensuite.

Assiette Imposition
Court terme Amortissements réintégrés Barème de l'impôt sur le revenu + cotisations sociales
Long terme Surplus de plus-value Taux forfaitaire 12,8 % + prélèvements sociaux 17,2 %

Règle de bord à connaître : si le bien est détenu depuis moins de 2 ans, toute la plus-value est à court terme (CGI art. 39 duodecies).

3. L'abattement pour durée de détention (151 septies B)

L'article 151 septies B du CGI s'applique à la seule part long terme de la plus-value d'un immeuble d'exploitation. Il accorde un abattement de 10 % par année de détention au-delà de la cinquième.

Cet abattement ne touche jamais la part court terme (les amortissements réintégrés restent imposables). Référence : BOI-BIC-PVMV-20-40.

4. L'exonération selon les recettes (151 septies)

L'article 151 septies est l'autre levier, souvent le plus puissant. Si l'activité de location est exercée depuis au moins 5 ans et que les recettes restent sous un seuil, la plus-value (court et long terme) est exonérée, totalement ou en partie.

Le seuil dépend de la nature de l'activité (CGI art. 151 septies II) :

Activité Exonération totale Exonération dégressive
Location meublée classique (prestation de services) recettes ≤ 90 000 € de 90 000 € à 126 000 €
Para-hôtellerie, fourniture de logement avec services recettes ≤ 250 000 € de 250 000 € à 350 000 €

Les recettes s'apprécient sur la moyenne des deux années civiles précédant la vente. La location meublée de longue durée relève des seuils bas, 90 000 et 126 000 € (BOI-BIC-CHAMP-40-20). Pour comprendre quand on bascule dans la catégorie para-hôtelière à 250 000 €, voir notre article dédié aux prestations para-hôtelières.

5. Un exemple chiffré

Un LMP revend après 12 ans un appartement acheté 200 000 € (frais inclus), revendu 300 000 €. Il a déduit 60 000 € d'amortissements. Ses recettes annuelles tournent autour de 40 000 €.

Sans le 151 septies (recettes plus élevées), la part court terme de 60 000 € resterait imposable au barème de l'impôt sur le revenu plus cotisations sociales, et la part long terme résiduelle de 12 000 € au taux forfaitaire plus prélèvements sociaux.

6. Ce qu'il faut retenir avant de vendre

Cet article présente le droit en vigueur en 2026. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel sur votre situation.